mardi 6 août 2013

Arles 2013


Arles re…visitée.

Sans eux je n’y serai pas allé, mais le plaisir d’être ensemble est plus fort que mes aprioris et ma crainte de ne pas passer un bon moment. Les autres sont toujours indispensables pour nous sortir de la caverne de nos préjugés. Depuis le temps que j’y vais,je ne me faisais plus d’illusions, mieux, je me suis fait une raison, je le savais qu’il y aurait des photographies qui ne me laisseront sans réaction, d’autres devant lesquelles je vais passer, et je n’étais pas le seul, sans m’arrêter, en regardant à droite et à gauche d’un pas nonchalant en traversant la galerie. Pas de temps c’est-à-dire d’amour à perdre pour des images qui n’ont aucune résonance dans mon esprit sans doute trop simple, pour comprendre les méandres de ces regards que je suis bien incapable d’appréhender. D’autres encore où je vais m’interroger sur les raisons, les motivations ou le chemin parcouru par le photographe pour en arriver là. Du grand délire ou du grand mystère. Grand délire d’une existence qui cache ou révèle une vie mal vécue, où je devine souffrance ou résignation dans un langage trop souvent inaudible. Mais dites-moi, à quoi sert une littérature illisible, une musique inaudible, une photographie qui reste mystérieuse ?

Mystère pourtant que ce Sergio Larrain, Chilien et photographe « devenu mythique depuis sa présentation en 1991 à Arles, de son travail avec Pablo Neruda sur Valparaiso. » Celui qui aimait photographier la matière, la pierre, les pavés, la terre mais aussi son peuple, les photographier au ras du sol à hauteur des clochards et des enfants des rues lui permettait de se sentir plus près d’eux. Agnès Sire le compare à une météorite, un signe qui traverse le ciel de nos images et de nos conventions. Un signe pour ceux qui peut-être recherchent encore un sens à leur amour de la photographie. Lui-même disait : « j’ai compris que la photographie, comme toute expression artistique on doit la chercher au fond de soi. La photo parfaite est une sorte de miracle qui apparait dans un éclat de lumière. Une bonne photographie nait d’un état de grâce et la grâce vient quand on est libéré de nos conventions.» C’est donc bien de l’abondance de cœur que la photographie parle, Sergio Larrain le photographe des enfants des rues, des bars de Valparaiso et aussi un peu ermite, photographiait à cœur ouvert. Ses photographies sont comme ces étoiles qui malgré leur mort nous envoient encore leur lumière. Un regard à suivre. 

Jean Lubrano, juillet 2013




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