lundi 14 juillet 2014

En Galice //4

Nous continuons notre voyage en Galice avec le regard et les mots de Jean Lubrano:
***


Au commencement.


Au commencement, il y a la lumière. Et la lumière se pose sur le monde, sur la matière et sur les êtres. Et puis il y a le regard posé sur le monde, sur la matière et sur les êtres. Le regard passe à travers le cadre de référence, l’objectif, l’objectivité peut-être, mais il doit mesurer, pardon, apprécier la lumière, car la lumière est éternelle et on ne mesure pas l’éternité. Les grains d’argent aiment la lumière et la capturent, la transforment en nuances, en gamme de gris, de blancs, de noirs profonds ou légers comme des notes de musiques qui formeraient une symphonie. Et l’image apparait révélée et fixée sur le papier, sur la matière par la lumière. Alors le regard découvre les êtres et les choses dans le cadre de référence, c’est la photographie. Aller à Santiago de Compostela, comme la fin d’un voyage ou le commencement d’une nouvelle étape, d’un nouveau chemin ouvrant sur de nouvelles amitiés. Se retrouver sur la place devant la cathédrale avec les pèlerins qui posent devant l’objectif. J’entends un air de gaïta qui vient du passage qui va vers les jardins, je reconnais une musique de Susana Seivane. Je pense à Rosa de Castro et à sa poésie sans lumière; Negra Sombra.

Si cantas eres tu que cantas
Si lloran eres tu que lloras
Y eres el murmuro del rio
Y eres la noche, y eres la aurora



Et puis il y a l’océan, les pécheurs qui réparent leur filet, les chalutiers, les vieilles dames qui brodent et qui discutent et la mer qui se jette sur les digues des hommes.

J’aime photographier les éléments humains, les rues, les architectures, les paysages mais tels qu’ils sont, sans intervenir dans la scène sinon avec mon regard et par le cadrage sur l’image à réaliser, comme je l’imagine, comme je la rêve, en respectant son état naturel, comme cette croix sur la falaise qui me rappelle la tombe de Châteaubriant au Grand Bé. C’est pour moi comme une écriture qui raconte les scènes telles qu’elles se présentent mais en cherchant le deuxième niveau, la deuxième interprétation de l’image et si possible aller au-delà de l’image.

Je ne suis jamais rassasié de cette démarche car elle me stimule pour aller plus loin, pour faire encore mieux en écoutant aussi le regard de l’autre, le vôtre, qui me donne des raisons d’aller plus loin.


© Jean Lubrano /1

© Jean Lubrano /2

© Jean Lubrano /3

© Jean Lubrano /4

© Jean Lubrano /5

© Jean Lubrano /6

© Jean Lubrano /7

A bientôt pour d'autres images de notre voyage!

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